Ma situation professionnelle

Une fois n’est pas coutume, un petit billet pour vous parler de mes projets professionnels et de ma vie.

Cette “mini-rétrospective” ne reflète qu’une partie de mon parcours atypique (vous pouvez voir mon mon CV complet) et mes divers boulots riches & variés, prouvant que la routine n’est pas faite pour moi : 7 ans en tant que musicien pédagogue sourd, 11 ans en tant qu’infographiste dans diverses sociétés, avec en parallèle autant d’années en activités étudiantes et associatives 😉


2004 – Atelier Musique & Handicap (MESH) au Centre Robert Laplane, rue Daviel à Paris (75).

En parallèle de mon travail à MESH et de mon année universitaire (DEUG d’Arts Plastiques à la Sorbonne), j’ai fondé MacMoutarde, un regroupement d’utilisateurs Apple en Bourgogne (Dijon étant située dans le triangle Paris / Strasbourg / Lyon). Réunions, séminaires, soirées jeux ont ponctué les années jusqu’à mon départ à Paris en 2004.


2002 – Séminaire MacMoutarde avec plus de 120 personnes restées jusqu’en soirée (nuit blanche pour certains).

De mon travail à MESH, j’avais aussi fait venir le Bateau-Vivre à Dijon pour le Festival “Art Bô & Sens”, co-organisé avec Dominique Roussel. Lors de cette manifestation, nous avions proposé des ateliers de musique & handicap et d’initiation ludique à la Langue des Signes que j’ai animés, des soirées théâtres où nous avions fait venir le comédien Joël Chalude, que j’ai accompagné durant 5 années.


2003 – Bateau-Vivre de MESH exposé à Dijon (21).


2004 – Festival “Art Bô & Sens” à Dijon (21).

Je suis parti m’installer en région parisienne pour rejoindre mon travail et terminer mes études. Ces deux années furent particulièrement éprouvante à cause d’une très mauvaise gestion de la fac en partie liée à ma surdité qui a provoqué mon départ de MESH pour être en de meilleurs conditions.


2005 – Année universitaire à l’Université de Cergy-Pontoise (95).

J’ai particulièrement apprécié mon année à l’agence …/en Personne où j’ai non seulement pu approfondir mes connaissances acquises en autodidacte. Je considère n’avoir rien appris à la fac car j’étais partie pour une VAE et je connaissais les 3/4 du programme. Bref annus horribilis.


2005 – Mon poste à l’agence …/en Personne, Boulogne-Billancourt à Paris (92).


2006 – Soutenance de mon stage à l’Université de Cergy-Pontoise en Val d’Oise (95).

Mais c’est également l’année où j’ai connu ma chère et tendre compagne. Quelques années plus tard, nous décidons de quitter la région parisienne pour un cadre de vie bien meilleur pour nos petits bouts. Durant ces années, en plus de mes recherches d’emploi, j’ai apprécié mon statut de “père au foyer”, plus compatible avec les horaires décalés du travail de ma compagne en internat et la nouvelle vie de parents.

Inscrit à Pôle Emploi (j’ai quitté avec fracas Cap Emploi qui ne répondait ni à mes attentes ni à mes aspirations et encore moins à mon handicap), j’ai décroché des contrats de courte durée, des petits boulots comme on dit.

Mon profil serait apparement si atypique qu’il est difficile de trouver un job pile à mes attentes qui sont pourtant assez simples : concevoir et gérer des projets de communication. Et les rendre accessibles. Faire partie d’une équipe de concepteurs et de décideurs, être au contact des clients pour leur proposer des solutions sinon la meilleure possible. La définition du métier de directeur artistique correspond aussi bien à ce que j’aspire.

Former, enseigner et transmettre des savoirs & savoirs-faire, j’aime ça aussi : j’ai assuré quelques formations en infographie sur Adobe Creative Suite pour diverses sociétés comme la SNCF (Service communication Bourgogne), Evoleo Formation à Paris, i-Com à Dijon, Visuel Langue des Signes

Discussions avec des créateurs d’entreprise. Craintes liées aux conséquences de créer une entreprise, domaine totalement différent du salariat. Néanmoins, je tente timidement l’aventure d’entrepreneuriat via la coopérative d’emploi et d’activités L’Envol durant une année.

En 2009, je décroche enfin un emploi en Suisse au sein de l’association “Les Mains pour le Dire” à Lausanne (hélas fermée en 2011). Les recruteurs m’ont avoué avoir été convaincu par mon travail associatif. Le contrat était prévu pour un an.

Les débuts furent très instructif : nouveau pays, nouvelle monnaie, 3 langues, “2 postes” (responsable national Pisourd à 60% et infographiste à 20%). Mais de grosses difficultés de gérer une équipe éparse et aux forts caractères, et la naissance de ma fille, nous ont fait cesser toute collaboration prématurément : je suis rentré en France avant l’échéance fixée à janvier 2010.


2009 – Réunion avec les animateurs (les 3 personnes à gauche), l’interprète (à droite) et moi-même.

Après cette belle année, le retour sur le marché du travail fut rude. Les désillusions aussi quand j’ai compris que j’étais parti pour de nouvelles années de chômage. Interrogations sur mes compétences, mes capacités.

Le décès de mon père fut un électrochoc.

Pour ne pas perdre la main, pour “prouver” d’une certaine manière mes compétences réelles à des recruteurs potentiels, pour continuer à voir du monde, pour répondre à un besoin personnel et une forte demande de la part des Sourds, j’avais fondé en 2007 “La Main, l’Oreille et l’Oeil de Dijon” (découvrir MOOD en moins de 3 minutes) dont la structure associative m’avait été conseillée à l’époque par le Pôle Economie Solidaire.


2007 – Création de l’association “La Main, l’Oreille et l’Oeil de Dijon” (MOOD)

Cela m’a permis de concevoir et trouver des solutions adaptées pour les sourds & malentendants en Bourgogne mais surtout de rencontrer des personnes, plus ou moins importantes, plus ou moins compétentes, plus ou moins intéressées par les projets. Un subtil mélange de stratégie – économique, diplomatique et politique – et de vitalité – créer une dynamique de groupe, dépasser les limites du bénévolat et excitation liée à la mise en place & réalisation concrète des projets – qui m’a beaucoup plu. Et qui me plaît encore aujourd’hui.

Mais tout cela a été fait bénévolement. Je n’ai pas touché un centime d’euro, seuls les frais engagés m’ont été remboursés. L’objectif inital me concernant était de trouver un poste or le problème est que la mentalité française préfère voir le handicap comme une fatalité.

Au point de finalement me faire renoncer à chercher du travail. Depuis janvier 2012, les dernières candidatures et récentes relances m’ont fait comprendre que je vais encore ramer pour obtenir au moins un semblant de réponse. Une seule sur les dizaines d’envois, fut-elle négative ou d’une simple proposition d’entretien, m’aurait remotivé mais non décrocher un rendez-vous est devenu une gageure, une illusion. Est-ce mes compétences ? Est-ce mes exigences ?

Quoi qu’il en soit, j’ai compris que j’aime entreprendre, créer et réaliser des projets, novateurs ou non : je me lance donc dans le développement des projets mis en place au sein de MOOD. J’imagine, rédige et budgétise tout : la version 3 du site d’informations DijonSourds.fr, les sensibilisations professionnelles, etc.

Et surtout le dernier projet le plus fou : un salon de thé. L’entretien avec l’expert comptable valide la pertinence économique et viable du projet de création d’un salon de thé.

Et ça donné le Semeia Bar qui a ouvert en 2013.


L’association MOOD a continué d’organiser des Cafés Signes au sein du Semeia